Merci pour ce séjour si riche. Merci de m'avoir permis de rencontrer une partie de mon clown. A moi de l'apprivoiser, de l'observer, l'écouter, l'enrichir de mes expériences pour le
voir renaître dans le partage. Tissant un lien furtif ou éternel avec tout ceux qui croiseront son chemin, étonnés par le sourire de son nez rouge !
C’était le plus beau voyage de ma vie. Une expérience de théâtre révélatrice et super importante pour ma vie et pour mon chemin professionnel.
J’ai adoré d’avoir eu la possibilité de vivre dans les familles, de partager le quotidien des gens, d’être complices avec les femmes et de m’occuper des enfants comme si c’était ma propre
famille. C’est vraiment une porte d’entrée privilégiée dans un pays aussi complexe que l’Inde, où on doit se sentir dépassée, bouleversée, perdue…j'ai aimé me lever avec les femmes et voir
les enfants partir à l’école. C’est la première fois que j’ai eu la sensation de véritablement me familiariser avec une culture si différente J’ai été très heureuse aussi de partager la
chambre avec Anouk. Ce fut a une chance de plus que m’a procuré ce voyage. En plus d une famille d'adoption j’ai héritée d'une sœur en or!
J’ai beaucoup appris durant ce stage.
C’était bien de commencer par des exercices de rencontre et des impros, on a pu vraiment se familiariser avec le groupe d indiens jusqu’à passer notre temps dans les bras des uns et des autres
après.
J’ai apprécié les exercices sur la prise de distance par rapport à notre quotidien. J’ai été impressionnée par ce jeu qui permet de découvrir et de vivre véritablement heure par heure
ce que peut vivre un indien, une de ses journées ordinaire. Et aussi les exercices sur les thèmes comme la famille, le mariage etc. qui nous ont fait toucher du doigt et du cœur
toutes les différences entre nos deux civilisations, nos coutumes, nos rituels, nos habitudes.
Quant au theatre forum, pour moi ce fut une véritable découverte. Je te garantis qu’elle va compter beaucoup pour la suite.
C’était étonnant de les voir jouer des scenarii si proches de leur réel et avec une précision et un jeu d acteur remarquable et surtout d’arriver aux interventions du public avec nos
réactions de femmes occidentales et voir toute la violence que ca pouvait amener
Je crois que ce qui m’a le plus marqué dans le travail c’est la découverte du théâtre image.
La force de ce théâtre ! Comment construire geste après geste un monde plus juste. Comment transformer les images du monde. C’est très didactique mais d'une efficacité
incroyable !
J'y ai vraiment trouvé là un outil qu’il me tarde d’approfondir. J’ai envie d’apprendre encore et encore ! J'y ai vu un moyen très puissant pour parler de l’oppression et une véritable
méthode efficace pour en sortir
A partir de là, pour moi le theatre a retrouvé un sens qu'il avait perdu dans les coulisses des théâtres bourgeois
Les sorties clown dans le village étaient de grands moments de joie. Je n’oublierai jamais le regard des enfants, leurs sourires et leurs peurs. Je garderai toujours en souvenir l’ombres des
clowns sillonnant les rues entre les artisans et les troupeaux de chèvres.
J’ai trouvé super fort la représentation du « Clown Théâtre Forum » spectacle sur la prévention de la dysenterie (la diarrhée) chez les enfants. C’était super puissant.
La force que lui donnait cette foule assemblée en rond autour des comédiens clowns ! La beauté de ce groupe de clowns débarqué sur la place ! La joie et la malice des enfants à répéter
des paroles si utiles et qui leur serviront surement.
Cette idée de faire intervenir le clown comme amplificateur des réactions, comme narrateur influent sur les schémas de théâtre forum met une force de vie incroyable dans le propos.
D' une part les réactions amplifiées permettent à la mémoire du public de mieux fonctionner, tout en amenant la poésie et l’humour qui manquent parfois aux histoires douloureuses que donne à
voir le théâtre (le Théâtre Forum surtout). C’est une belle façon de pouvoir rendre compte d’une réalité difficile à vivre sans démoraliser complètement le spectateur.
En Inde j’ai vu la lune se refléter dans la boue et des sourires qui rayonneront pour longtemps dans les yeux des enfants
Mercie de tout mon cœur pour cette expérience. J’ai retrouvé un désir de faire du théâtre.
J’ai rencontré ce que je cherche depuis longtemps : jouer pour des populations qui n’ont pas accès au théâtre. Faire du théâtre un moyen super fort de tout exprimer même la misère la plus
profonde et surtout je sais qu’il y a là tout un terrain de propositions pour une liberté à inventer
Je repars avec pleins d’idées dans la tète. Je muris l’idée d’aller au brésil rencontrer les compagnies dont tu m'as parlé en premier la « bande » à Augusto Boal.
Surement que je viendrai toquer à ta porte profiter du plaisir de te voir et de la chance d'avoir rencontre un grand homme de theatre et de vie!
Merci encore "guruji"
Suite à un précédent voyage d’une collègue, nous avions un projet d'agir sur les conditions des femmes incarcérées en Inde et de remettre un don à une association
JKSMS qui œuvre pour l'éducation, l'hébergement, la prévention santé, l'insertion par la création d'activité des plus déshéritées et le soutien en matière de développement local.
Le stage clown s'intégrait dans ce programme parce qu'il permettait notamment de rencontrer les animateurs et
travailleurs sociaux de JKSMS "autrement" et de leur permettre de suivre le stage clown grâce à notre participation, de soutenir un peu du développement local en logeant chez l'habitant, et de
pouvoir échanger avec les familles autrement que dans des parcours touristiques classiques.
J’avais très envie deregarder, sentir, écouter, .....Pour pouvoir connaitre, comprendre, et me questionner sur notre rôle
dans tout ça?
Pour le « stage » autour du personnage du clown j’attendais un travail, une recherche sur les émotions, sur les différentes façons de les exprimer
suivant les cultures. J’en espérais une rencontre hors du langage. Découvrir, par les techniques du clown, spécialement en milieu
interculturel l'observation des autres, la compréhension que certaines émotions sont universelles, alors que leurs raisons ne le sont pas.
J’ai été souvent trèsétonnée par la prestation des autres participants. J’ai senti chez les autres (et moi-même) un réel
plaisir pour la découverte. J’ai quelque fois même éprouvé de l'admiration devant le jeu des improvisations clown. J’ai vécu, pour moi-même le plaisir
d'être dans un endroit où je peux exprimer mon moi profond et libre et pas mon moi de « ce-que-je-dois-faire »
La déambulation
J'ai trouvé cela fatiguant, (je l'étais beaucoup), et difficile à ne pas se laisser envahir. Trop long aussi. Pas apprécié le maquillage trop important. Apprécié
les sourires, les étonnements, les enfants.
L’approche de l’« Autre » avec le clown, le théâtre, le jeu, est
beaucoup plus interpellant (et fatigant) qu’une démarche « touristique ».
La vie dans les familles
J’ai trouvé les familles avec lesquelles nous vivions, très attentives à notre séjour et à moi notamment à moi qui fus quelque peu « malade ».
J'étais ravie que nous soyions à plusieurs parce que parfois, je n’ai pas ressenti que c’était accueil au sein de la famille. Cette habitude qu’on les indiens de
laisser les invités manger seuls, d’être discrets ? De ne pas vouloir déranger, ressemble pour nous, occidentaux, parfois plus à de « l'hôtellerie
familiale »
J’ai vécu tour à tour :
La barrière du langage Le plaisir de voir le rythme familial Les rires des échanges entre femmes Plus d'eau pour finir de me laver et toute savonnée Pas de papier toilette Les plats mitonnés merveilleux Regarder les hommes
dessiner Marie-Claire qui voulait du café! Et l'importance du gant de toilette mouillé froid quand on a chaud et qu’on est un peu patraque.
Ce que j’ai surle cœur.
je ne sais pas si c'est parce que j'ai été malade et que j'ai du être sous médoc longtemps, Je suis rentrée lessivée émotionnellement, n'arrivant pas à "quitter"
l'Inde dans ma tête, avalant des bouquins pour comprendre la situation, essayant d'analyser toutes les images, les odeurs, les sentiments de révolte, de compassion, de culpabilité qui m'avaient
imprégnés.
Alors voilà, je ne fais pas partie des gens fatalistes et je sais que l'Inde m'a interpellée comme disent les gens biens! En terme clair, j'ai encore envie de
hurler, de bousculer, de foutre une bombe à tous les riches, de pleurer sur, pour, avec ces enfants, ces hommes, ces femmes. Et comme je ne prie pas, faudra bien que je fasse quelque
chose!
Quand Anna arrive à l'aéroport de Delhi et qu'elle sort dans la rue, elle sait tout de suite qu'elle est dans un autre monde, au pays des vaches sacrées, des
singes roux, des corbeaux croassant, et un flot de couleurs assaille son regard, rien que dans les saris des femmes .des odeurs d'épices éclaboussent l'air comme le tintamarre incessant des
voitures, des ritchos, des motos. Ça grouille.
Elle est venue ici pour ce pays magique, mais aussi pour un stage de clown dans le petit village de Samode à 45 km de Jaipur.
Elle est logée et nourrie chez l'habitant.Des gens charmants aux petits soins tout le temps et avec qui il est agréable de bavarder le soir sur la terrasse où
souffle souvent une petite caresse de vent .
Anna ne se fait jamais d'idée préconçue des choses mais les accueillent comme elles viennent.
Aussi trouve t-elle charmant la petite cour intérieure, joli patio d'arcades où le stage va se dérouler.
Elle communique facilement avec le groupe et pendant une semaine, ce sera une succession d'exercices collectifs et de jeux en solo ou à plusieurs mélangés aux
clowns Hindous .
Elle a la confirmation, que la parole n'est pas toujours essentielle, par contre le regard oui.
Anna retrouve un peu de son enfance quand elle jouait des petites scènes inventées avec ses camarades de jeux.
C'est un travail de jeux. C'est un jeu de travail.
Anna a conscience d'être parfois à côté de la plaque, de ne pas donner le meilleur de ses possibilités, mais ce n'est pas grave, elle s'exprime tout de même...
Elle s'amuse.
Le stage se termine par une déambulation dans la rue .
Une nuée d'enfants surgit soudain et les marchands des boutiques arborent un plus beau sourire encore que lorsqu'ils ont réussit à vous extorquer
quelques roupies de plus que d'ordinaire pour l'achat d'un bracelet ou d'un tchai...
Au revoir Samode! Au revoir!
Quelques jours à Udaipur et à Puskar.
Si Anna aime beaucoup Samode, la voilà amoureuse de Puskar.
un lac entouré d'anciens palais blancs dentelés, des marches tout autour qui descendent vers l'eau, des hommes qui se baignent des femmes aux saris
safran qui jettent des fleurs, et ces prières qui volent dans l'air comme des oiseaux porteurs de messages...
Anna est ravie de ce voyage beau riche et intelligent !!!
Je suis moi-même comédienne. J’anime aussi des ateliers de théâtre et de clown.
J’ai longuement entendu parler des stages de théâtre et de clown que mon collègue Jean Pierre mène en Inde, au Maroc : Cela m’a toujours laissée
perplexe.
« Quel intérêt d’aller faire un stage de théâtre ou de clown à l’autre bout du monde quand on peut en faire de si bons près de chez
nous ? »
Ou alors : Quel intérêt de passer une partie de ses vacances à l’étranger enfermée à faire du théâtre ou du clown alors qu’il doit y avoir tellement
de choses plus intéressantes à faire ?
A force d’en parler je suis allée « pour voir » En Inde où j’étais déjà par ailleurs allée 6 fois
Je n’avais pas tort dansle fait qu’on y fait du théâtre et du clown d’aussi bonne qualité qu’aux meilleurs endroits. Sauf que là, on partage l’expérience avec
des participants indiens. On ne parle pas la même langue, on n’a pas la même culture et pourtant on rie des mêmes choses.
On rie surtout de soi même vu par le filtre de la culture de l’autre.
Je n’avais pas non plus tout à fait tort dans le fait qu’à l’étranger, en vacances il y a tellement de choses à faire………… s’enfermer même pour faire du clown…..
ffffff !!!
D’abord on n’est pas enfermé
Ensuite ça ne prend que quelques heures par jour sur quelques jours…… Il en reste pas mal d’autres
De plus on loge chez les habitants. On y fait ce qu’on veut :
On fait la cuisine avec eux. Ou les courses. Ou les deux
On se marre bien de leur drôlerie, des efforts réciproques pour communiquer.
On se repose, on bouquine, on va se promener dans des paysages à
tomber
On visite des lieux qu’aucun touriste ne visite
On visite la famille des uns ou des autres
On est invité à des fêtes, des événements
Bref ! L’Inde comme même jamais imaginée en l’ayant visitée 6 fois
Ensuite………… L’Inde reste l’Inde. Vous y croiserez sans aucun doute ces enfants qui mendient, ces gens si maigres, si pauvres, si résignés – Et oui, les castes,
la réincarnation, tout ça Si tu es né pauvre, c’est que dans une autre vie…………Alors tais-toi !
Révoltant, bien sûr. On se sent impuissant. Sauf qu’en venant là, dans ces actions menées par « Parcourires le Monde » tu seras une goutte d’eau de
plus dans l’association JKSMS.
JKSMS dont des salariés de l’association auront fait le stage avec toi et qui iront ensuite faire de la prévention avec nez de clown dans les bidonvilles.
JKSMS qui depuis 20 ans sort les enfants des rues et leur donne une éducation
JKSMS qui parraine l’opération de Tourisme Rural à Samode, le village où ont lieu les stages de clown, là où tu auras logé chez l’habitant ;
Le plus dur dans tout ça c’est de revenir avec le sentiment que tu viens de faire quelque chose de bien dans ta vie et qu’en plus tu t’es régalée. Au début c’est
dur. Faire quelque chose de bien pour les autres ça devrait coûter au moins un effort ? Non ? Bon c’est un peu cher, l’Inde c’est loin
et tu as déjà dépensé bien plus pour d’autres vacances.
Alors, voilà. Quand on aime vraiment ! vraiment ! vraiment ! la vie
On rapporte beaucoup ! beaucoup ! beaucoup !plus que ce qu’on a dépensé
Marie Claire L’histoire d’un voyage en Inde (le mien)
Et…. j’ai dit : « OUI »
Il y a quelques mois, j’ai dû prendre une décision rapide, nous avions, grâce au travail effectué en France auprès des femmes en prison, la possibilité d’aller en Inde puisque celles-ci avaient
choisi de remettre les bénéfices de leur travail à JKSMS, une ONG indienne de Jaipur-.
Pour moi qui n’ai jamais voyagé ailleurs qu’en Europe, Quelle aventure ! Et même, encore mieux, j’allais faire un stage de clown avec Jean Pierre comme
« maître »…
Notre action en faveur des femmes en prison, j’en étais enchantée, même si un peu angoissée, mais alors, le stage de clown ? À quoi pouvait- il bien me
servir sinon qu’à faire le clown ?
Epreuve, je dis bien épreuve car je n’imaginais même pas ce que j’allais trouver là-bas, si peut-être, les palais et les personnages que j’avais pu voir soit dans des livres ou des documentaires,
mais rien de concret. La culture, la vie, les monuments, à part les massages….j’en savais pas grand-chose (pas fière, la dame..)
J’avais une telle l’appréhension que je n’ai bouclé mon sac à dos que la veille du départ, en souhaitant presque qu’on ne puisse pas partir, euh !...
L’arrivée en Inde à Delhi, le choc : la peur, la joie, le monde partout !....
(Principalement que des hommes…) des hommes qui se changent dehors, des femmes qui « reprennent », dans les toilettes, leur tenue indienne. Une chaleur, du bruit, une odeur (berk) une
sensation de saleté. Une attente sans toujours trop savoir ni où on va, ni qui va venir nous chercher…. Bref, un électrochoc, partir ? Rester? Non, finalement, l’envie de l’aventure reprend
le dessus. L’équipe de JKSMS arrive avec des colliers de fleurs, une jolie pancarte de bienvenue aux clowns. Voilà, tout redevenait beau, accueillant et plein de curiosité autour de
moi.
La première semaine de mon voyage, en hôtel à Jaipur, joli palier, pour s’habituer à la vie indienne, pas la même conception de la propreté, de l’hygiène… une bonne idée que de passer par ce
sasse. Des massages tous les jours ou presque, des rencontres avec les indiens de JKSMS, des échanges, un bafouillage en anglais bien rigolo, plus de souvenir du vocabulaire tant appris,
« manger, comment on dit déjà ? » ah si, on retrouve vite car tout y est bon à manger, ça pique beaucoup les premiers jours mais petit à petit on se régale.
A part le thé, le « chine » berk, j’aime le CAFE !. Sauvée ! Ici ils ont du nescafé !
« En v’la du clown…en vl’a…et du meilleur croyez-moi ! »
Pendant cette semaine de stage, nous étions logé-e-s chez l’habitant. Jean Pierre avait auparavant testé nos angoisses, en nous questionnant et ce, afin de nous loger, là où le
contraste de vie serait le moins difficile. Et oui, ce n’était plus
l’hôtel.
Bien installée avec mes 2 amies, la vie en Inde allait débuter. Le premier jour du stage, rencontre avec les indiens qui participaient également. On se regarde un peu, mais très vite les sourires
accueillants se dessinent sur leur visage. Les femmes sont plus retenues. Mais tous envie de faire le clown. Enfin, je commençais à comprendre ce qui se passait, faire le clown n’est pas
simple, mais dès que le nez est mis, tout change, on ose un peu plus chaque jour, on rigole les uns des autres. Non pas de moqueries, simplement parce que chacun fait le clown et exprime des
situations souvent drôles.
Le clown un « Sésame » pour faciliter la rencontre des cultures.
Le mélange de nos cultures et la façon de travailler, m’a permis de mieux connaître l’Inde et ses habitants. Nous mimions des moments de nos vies, chacun dans son pays. La pudeur des indiens
disparaissait, nous étions dans leur vie. La nôtre aussi disparaissait, on osait, j’ai osé faire le clown ! Même si nos différences de cultures ne nous permettaient pas de réellement faire
passer le message ou du moins pas le même !!!
Notre rencontre avec les habitants, si elle ne s’était pas faite de cette manière ne nous aurait pas permis de les découvrir. En clown, nous étions proches. La difficulté de la langue n’existe
plus, tout le monde se comprend et chaque jour de mieux en mieux.
La communication entre nous est faite, plus de différence, d’âge, de sexe, de culture, de langue, on vit tous ensemble la même aventure.
Le Ballades clownesque dans le village.
Le meilleur moment d’échange, de rire et de complicité a été celui où nous dévions nous promener en clown dans le village. Les préparatifs du maquillage, chacun maquille l’autre, indiens pas
indiens, pas de différence, l’éponge et les couleurs circulent. On voit nos têtes, trop drôle, aussi beau ou ridicule, on ne sait pas, les uns que les autres.
Mettre en pratique dehors, déguisés, notre moyen de communication appris lors de ce stage, sans parler en fait, les indiens étaient comme nous, ils devaient rentrer en contact avec les gens rien
que par la façon d’être. Quand même, ils étaient plus à l’aise que nous, mais nous étions vraiment tous ensemble.
Les gens nous accueillent avec le sourire, les enfants petits nous regardent avec des yeux apeurés, les plus grands veulent nous toucher, parfois abîmer nos beaux habits de clown, les hommes
sourient mais restent à leur place. Certaines femmes nous approchent, veulent jouer avec nous, veulent nous toucher. C’est trop beau, un bonheur qui se partage .Nous avons circulé dans le village
avec une horde d’enfants, qui n’oubliaient pas, bien sur de nous demander : « one pen. »
Le clown. L’idée de m’en re servir, après, ICI, dans le cadre de mon métier ….
Cette façon de faire le clown, de jouer, mais surtout de découvrir une méthode de l’approche de l’autre différente de celle que je connais, me donne envie de me servir de quelques petits trucs
dans le cadre de mon métier. Bien sur pas avec le nez, quoique ? Permettre à des personnes, en manque de confiance de s’adresser à d’autre professionnellement. En travaillant l’expression,
arriver à se faire comprendre, à transmettre une émotion rien que par le visage. Jouer des situations angoissantes, voilà ce que je « pique » à mon formateur !!!
Ce stage, ce voyage a été une réussite, mais et oui il y a un mais : pleurer pour avoir du café, partout où l’on va, gentiment on vous offre du « Chine » une espèce de thé, épicé
avec du lait……..Beurk Beurk et Beurk. La prochaine fois, car pour moi il y aura une prochaine fois et très vite j’espère, j’amène mon café…….
Du clown encore et encore !!
Revoir l’Inde, refaire le stage de clown pourquoi ? D’abord parce que j’ai aimé ce pays et j’y ai tout à apprendre, à me familiariser avec cette autre façon de vivre, à accepter toutes
ces religions qui m’ont angoissée lors de nos visites dans les lieux de culte. A poursuivre le projet qui m’a amené à accepter ce voyage, participer à des échanges de connaissances et de
compétences avec JKSMS.
Je ressens le besoin de refaire ce stage de clown car la fatigue liée à tant de découvertes, au changement de vie, mon amie malade…. m’ont donné la sensation de ne pas avoir vécu jusqu’au bout et
assez intensément mon stage, je reste sur : « Il me manque quelque chose » !
J’aurai préféré, enfin je pense, que le stage dure plus d’une semaine mais coupé d’un retour à une vie plus proche de nos habitudes. Prendre le temps de souffler avant de
reprendre.
A très bientôt pour de nouvelles aventures de clown indien et Merci Jean-Pierre pour tout ce que tu m’as permis de vaincre et surtout l’envie de refaire.
L'après midi, la mère prépare le repas. Le père se réveille de la sieste de mauvaise humeur
Le père : Et toi !
La mère : Oui, oui
Le père : Donne moi le thé, je suis pressé, j'ai beaucoup de
choses à faire.
Qu'est ce que tu fais là ? Donne moi tes vêtements, il est déjà quatre heures.
La mère : oui, oui
Le père : Habille moi, et les boutons. Où est ce que tu as la tête aujourd'hui?
La mère: pardon, pardon
le père : Les chaussures !
La mère : sois un peu gentil avec ta femme
Le père : Je sais comment il faut faire avec sa femme !
Le fils, Mustapha, rentre de l'école.
La mère : Mustafa !
le fils : Oui maman
la mère : Va m'étendre le linge!
Le fils : Non maman, je ne peux pas le faire, je suis fatigué,
La mère : à 16 ans tu pourrais comprendre et aider un peu ta mère !
Le fils : j'ai été toute la journée à l'école. Fais-moi plutôt un bon thé à la menthe, tout de suite.
La fille rentre de l'école
le fils : Tu as 15 minutes de retard. Où étais tu jusqu'à présent Aïcha?
La fille: Cela ne te regarde pas
Le fils : Je suis ton frère. Tu dois m'obéir.
La fille ; J’étais avec une amie
Le fils ; Fais bien attention. Si tu me mens, Je dis à papa que tu parlais avec un garçon.
La fille : S'il te plait ne dis rien à papa il pourrait me frapper pour cela.
Le fils : D’accord. Mais attention : demain tu rentres tout de suite après l'école. Si non....!!
Maintenant tu repasses ma chemise vite je dois sortir.
Le père arrive
Le père : Quoi! Le repas n'est pas prêt!
Ils passent à table.
Le père : Encore ce mauvais couscous ! Tu ne sais même pas faire la cuisine. Ma femme, tu n'es bonne à rien!
Il renverse le plateau,
Le père : (à sa femme) toi ramasse ça!
Le téléphone sonne, la fille répond
La fille : Allo
Rachida : Allo Aïcha, c'est Rachida, est ce que tu veux aller au cinéma avec moi ce soir?
La fille : je ne sais pas, il faut d'abord que je demande à mes parents.
Elle va voir sa mère
La fille: maman
La mère: oui
La fille: maman, est ce que je peux aller au cinéma ce soir?
La mère: tu sais très bien qu'il faut que tu demandes à ton père.
Elle va voir son père
La fille : Papa, est ce que je peux aller ce soir au cinéma avec mon amie Rachida
Le père : Au cinéma? Hors de question!
La fille : Mais papa, j'ai 18\ 20 en mathématiques!
Le père : même si tu avais 20\20, Il est hors de question que tu ailles au cinéma.
Les filles ça reste à la maison. Apprends plutôt à soigner ton futur mari. Tu vois ta mère elle est allée à l'école et elle est bonne à rien à la maison.
La fille : Papa. Le monde a changé.
Le père :(très en colère) Ici on change rien!!! Elle n’est pas bonne la tradition? Fais bien attention ma fille.
Le fils : bon, papa, je vais au cinéma avec des amis.
Le père : d'accord, mon fils.
La fille : et moi, alors?
Le père : toi, va aider ta mère.
La fille va trouver sa mère
La fille ; maman il faut faire quelque chose.
La mère : ma fille c'est comme ça la vie.
Le public viendra remplacer la mère et la fille pôur trouver des solutions à leur problèmes :
Dans la maison d'une famille pauvre la mère passe le balai et le père rentre, il a l'air fatigué.
La mère : Alors mon mari, ce travail tu l'as eût.
Le père : Eh non, je ne sais plus quoi faire, 3 mois qu’ils me font croire que j'aurai un poste dans cette nouvelle usine.
La mère : Comment on va faire mon mari, comment nourrir les enfants ?
Le père : Je ne sais pas, le chômage perdure, Dieu le sais
Les enfants rentrent de l'école.
Khadija : papa, Maman, Salam Alekum, ça va ? ... J'ai une petite faim ... Il n'y a que du thé ?
La mère : Ecoute ma fille, il faut que l'on vous parle.
Le père : Je n'ai pas eu le travail tant attendu ... les temps sont durs, je n'ai aucune solution, il va falloir penser à travailler.
Khadija : Mais papa, comment on va faire ? Et l'école ?
Mohamed, le frère : Moi je ne veux pas travailler, je veux aller à l'école, je ne veux pas finir comme toi (il sort)
Le père: je sais mon fils...(Khadija sort aussi)
Les deux parents restent en image.
scène 2
Au même moment la scène 2 s'anime La famille est riche cette fois ci
Le père est fier du foulard qu'il a offert à sa femme. Il se met devant la télé, la mère est contente...Elle se fait belle comme d'habitude.
Le fils écoute le walkman.
Le père a soif, il va chercher de l'eau à la cuisine.
Le père: c'est pas possible cette maison est sale...(à sa femme) tu n'en as pas marre de te regarder le nombril.
La mère: il faut bien que je prenne soin de ma grande beauté;
Le père: et toi mon fils tu ne peux pas ranger un peu?
Le fils: non papa, tu sais que je travaille, je ne peux à ranger cette maison.
La mère: laisse notre ingénieur tranquille il apporte de l'argent dans notre maison
Le père : depuis que nos filles sont mariées, cette maison est laissée à l'abandon.
La mère s'approche avec séduction: écoute mon mari, il nous reste la solution de prendre une bonne tout faire! Elle s'occupera de la maison pendant que je m'occuperai de ma beauté.
Tous en même temps: une bonne...ouara
Le fils se frotte les mains
La mère au téléphone: bonjour Aïcha ma douce ami.. tu as toujours un bon plan pour trouver des petites bonnes courageuses et discrètes...mes petites mains douces ne sont pas faites pour le
ménage...oui toujours ok, dés demain
le père et la mère reste en image
scène 3
la copine (Aïcha rencontre les parents de Radija...elle murmure sa proposition en montrant du doigt la famille riche et Radija)
Scène 4
la famille pauvre. Une solution apparaît enfin...
Le père: envoyer Radija travailler un an ou deux c'est la seule solution? Ils payent bien? Bon d'accord.
La mère: les enfants... venez voir... votre père a quelque chose à vous dire.
Le père: Radija tu vas être courageuse ma fille... tu dois nous aider et aller travailler un ou deux mois chez une famille en ville... on viendra te récupérer dés que j'aurais un boulot.
Radija mais papa, je veux aller à l'école comme mes copines (en pleurs)
Le père: tu n'as pas le choix ça passera vite.
Radija: non je ne veux pas...
La mère enlève le cahier, le père l'amène de force dans sa nouvelle demeure le frére ne bouge pas.
Scène 5
Le père amène sa fille dans la famille, il reçoit une petite somme d'argent
La mère de la famille riche: tenez pour vous aider.
Scène 6
Kadija commence sa nouvelle vie.Elle se tourne vers les trois protagonistes de la famille aisée. Elle se fait exploiter, maltraité
(elle amène le thé, lave les vêtements.....) Image: elle est écrasée par toute la famille. Elle tombe à genoux leurs mains sur la tête. Pendant ce temps, quelqu'un vient voler le foulard de la
femme riche et sort discrètement. L'image se remet en mouvement. Les trois de la famille montre Radija d'un doigt accusateur.
Scène 7
Un policier arrive et amène Radija.
Le public vient au secours de la "Petite Bonne" en prennant sa place dans cette histoire.
تيدخل الطبيب بوحدو باش إيدير واحد الندوة على الوقاية الصحية ( سادتي آنساتي تيظهر ليا باللي كاين المشاكل الصحية فهاذ الدوار لهذا
جبنا درس جامعي على الوقاية الصحية باش نستفدو وهاهما الطلبة ديالي )
(دخلو الطلبة فصف واحد ، ودار عندهم الطبيب كيراقبهم واحد بواحد ) ، لأجل الوقاية الصحية خاصنا نبدوا بروسنا ( واش غسلتو يديكم ؟
الوجه؟ السنان؟ الشعر؟ (لكمل لكمل)
واش تتعرفو أن مع الحرارة خصنا نشربو بزاف ، واحد الطالب كيخرج واحد القرعة ديال الما... الما ديال البير تنطلبوا من المهرجين .. (
واشندكم البير ؟ واش صرحتو به؟ ) تيعلن الطبيب على أن معالجة الماء مجانية
زوج من المهرجين جابو للطبيب والدهم زيبو اللي مريض بالسخانة . أعبر ليه الطبيب درجة الحرارة .. درجة الحرارة
مرتفعة ، كنفزكو الفوطة وكنديروها فوق راسو، .. درجة الحرارة باقي مرتفعة، إذن تنديروه فالماء
زيبو كيمشي المدرسة ... واش افطر مزيان (الآباء : لا ) المهرجين تيقدمو ليه واحد الصندويتش ، كلاه الأب وأخرج بالزربة
تيوصلو4ديال المرضى ضرهوم كرشهوم
وفي الأخير ندوة .. الطبيب تايكول فهامتو مزيان؟ سؤال موجد للطلبة تم للجمهور.. عندكم أسئلة وألان غادي نمشيو للدوار المجاور
الاب: ولو تجيـبي20/20 مل يمكنش تمشـي للسينما البنات تيكلسو فـي الدار. شوفي امك كانت فـي
المدرسة او متـاتعرف والو.
البنت: بابا راه الوقت تبدلت
الاب غاضبـا
هنا حتـى شي حاجة متغيرت حذري
الابن: بابا راه غادي نـمشي للسهرة مع صحابـي وراه غادي نتعطل
الاب: وخـا اولدي الله ايعاونك
البنت: ونـا
الاب: نتي عاونـي امك
ذهبت البنت عند امهـا
البنت: ماما خصنا نلقاو شي حل
الام: هادي هـي الدنيا
البنت: لا ماشي هدي هـي الدنيا
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يوليوز2008
صفرعائلةبونظيفإلىأكدز
1-تيعلن المنشط على وصول عائلة بونظيف
2- أعضاء العائلة تيدخلو بواحد بواحد وتيقدمو
روسهم للحضور ، وتيعلنو على المكان اللي غيصفرو ليه وعلاش غيصافرو ليه، وتيوصفو سيارتهم الجديدة4*4اللي غايصفرو بها
الأخطاء المرتكبة
3- تتنطلق السيارة والبكاج فوق أريوس أعضاء
العائلة، المنشط كيتدخل باش إحبس الحدت وتيطلب من احد المتفرجين باش إصحح المخالفة. لهاذا دار ليه الشابو ديال الجوندارم فوق راسو وتيطلب منو باش إشرح المخالفة لسائق السيارة الجديدة4*4
4- عائلة بونظيف أنسات حزام السلامة وناض الصداع
والضجيج فالسيارة
5- تيسرسر التيلفون، مامي بونظيف هايا اللي على
الخط، الأم تتجاوب، ودوزات التلفون لراجلها اللي صايك
6- عائلة بونظيف تاهو فالطريق، الأم تتفتح
الخريطة الطرقية وتتوريها لراجلها اللي صايك اللي اصبح ماتيشوف كدامو.
7- عيا السائق وأطلب من بنتو تصوك، وأرجع اللور
باش إشرب البيرا ، ومن بعد واحد الموهلة ديال البول، الأب ارجع الكدام باش إيصوك .. ضجيج أوصداع في السيارة
8- من بعد ما دوز الأب البولة لمرتو، واحد
السائق ظوبل السيارة .. كلشي العائلة وقفات فوق المقاعد باش أتسب وتعاير السائق اللي مظوبل
9- وقفات السيارة وركبات معاها واحد لمرا مع
طفلها فالمقعد الأمامي.. الزحام والضجيج في السيارة
10بعد ساعات من الطريق نعسات الأم وهيا
صايكا
في الأخير فضلت العائلة تخلي السيارة وتكمل الطريق برجليها حتى ألوطيل ديال أكدز
Caroline : très bien reçue dans les familles, le stage est très bien, on apprend plein de choses et la ville d'Agdz est très bien aussi.
Maryem : Tout se passe bien, et je veux bien apprendre et comprendre le théâtre Forum. Le clown, je le comprends.
Attika : Merci Aziz pour cette opportunité. On a appris beaucoup de choses. Le clown, ce personnage qui vient d'une autre planète qui englobe plus de
choses que ce que je croyais vu. Le clown, j'en avais une image vue à la télé, il est beaucoup plus tendre et généreux que ça. Le théâtre image où l'on doit changer un geste et le théâtre forum
où est présenté une courte fable que l'on doit essayer de modifier pour arranger un problème est une chose magnifique.
Fatima : On a appris beaucoup de choses, la différence entre le clown et le théâtre principalement.
Yvan : Belles rencontres sur Agdz, j'apprends beaucoup sur la culture et ces techniques (que je connaissais) mais ici en situation interculturelle, c’est
tout autre chose, c'est très riche.
Rachida : Merci pour cette belle opportunité, on est très chanceux de vivre cela. D'avoir connu le clown qui est un personnage de droiture et qui, au delà
de la scène, peut exister dans la vie.
Anouk : L'échange interculturel est très riche à la fois dans la famille et au cours du stage à travers les thèmes travaillés. J'ai l'impression d'être
vraiment dans l'interaction. Je suis ravie de découvrir la culture Marocaine que je ressens pleine de générosité et d'hospitalité.
Myriam : C'est très bien car je me sens intégrée dans la culture alors que je ne savais pas trop à quoi m'attendre. Le clown permet de se rapprocher, de
travailler sur l'expression des émotions alors que le théâtre forum permet d'échanger et de travailler sur des thèmes problématiques.
Aïssa : J'étais avec Jean-Pierre plusieurs fois, à Safi, à Essaouira. Je pense avoir acquis des techniques pour travailler et communiquer avec mon
environnement. Je voulais ce stage pour créer un échange franco-marocain et impulser une dynamique de développement pour la ville d’Agdz. Merci à Jean-Pierre et à vous d'être venus. Je remercie
également Monsieur Aziz, le Président de l'association marocaine,
Hassan (Ait Badou) : Merci à l'association et à Jean-Pierre. Jamais je n'aurai cru connaître le clown et pour moi, sincèrement. Alors, j'ai bien
compris la différence entre le Théâtre et le clown et j'espère poursuivre l'apprentissage de ces techniques et en faire quelque chose, développer ce travail pour en faire bénéficier la
population locale.
Fati : J'aime beaucoup ces techniques que je pratique déjà, le théâtre forum et très peu le clown et j'ai pu en voir le bénéficier en terme d'action
sociale. Je pensais faire beaucoup de choses mais comme vous le savez, je suis porteuse d'un enfant et ne peut en faire autant que je voudrais. J'essaye de faire ce que je peux, prendre des
notes, traduire. J'aime beaucoup les gens d'ici, j'ai une famille magnifique. On parle, on rigole, c'est génial et je suis très heureuse d’être parmi vous
Stéphane : C'est une chance d'être ici et j'essaie d'en profiter un maximum. J'apprends tous les jours avec le clown et le théâtre forum. La famille où je
séjourne est formidable. L'accueil est magnifique même les moustiques me font la fête. Merci à Jean-Pierre et merci au groupe.
Sophie : J'apprends tous les jours beaucoup de choses sur tout ce qui nous sépare mais au bout du compte, qui rapproche. Le clown et le théâtre
forum, c'est magique. Dans la famille c'est que du bonheur. Encore aujourd'hui, je n'ai pas les mots pour exprimer ce qu'il y a au plus profond de moi.
Hassan (musicien) : Merci Jean-Pierre pour avoir donné l'occasion d'apprendre et d'avoir mis en place cet échange. L'échange interculturel ne doit pas
avoir de frontière et grâce au clown et au théâtre forum, nous dépassons toutes les barrières. Le clown qui peut exagérer certaines situations, développer les gestes, il casse les frontières.
Pour le théâtre image il n'y a pas de limite car tout peut-être changé et dans le théâtre forum car n'importe qui peut prendre la place de n'importe qui. On fait participer le public et en cela
on enlève des frontières. Avec ces techniques, il n'y a pas de violence mais un dialogue interculturel grâce au domaine artistique. L'art permet la médiation. Et pourquoi ne pas intégrer la danse
et la musique, mélanger les arts pour vaincre les limites ? Maintenant je le crois possible
Grâce au stage, j'ai aussi compris que l'art était accessible à tous. Ce que je voudrais faire pour le festival, c'est de la musique pour montrer que tout le monde peut faire de la musique, qu'il
n'y a pas de classes sociales. Merci à Jean-Pierre pour tout cela.
Betty : pour moi, cette expérience est une grande leçon d'humanité et d'humilité. Cela va changer beaucoup de choses pour moi en rentrant. A travers la
découverte des techniques, je trouve très intéressant de voir et de réfléchir comment on peut se les approprier. Le théâtre image est passionnant aussi pour voir ce que chaque image suscite de
différent pour chacun et qui supporte l'échange et le débat entre les participants.
Abdelkabir : J'apprends beaucoup de choses avec le clown et le théâtre forum qui est une sorte de symbole. C'est une opportunité car c'est la première
fois que je découvre ces techniques. Je n'ai pas tout compris mais j'ai le minimum. Le clown est comme une autre langue de communication. On aurait bien sûr pu apprendre plus si on avait eu le
temps. Avec ce que l'on a appris, j'estime que l'on pourra le transmettre quelque chose aux autres membres de l’association. Le clown est un autre être humain. Maintenant je fais la distinction
entre la personne, l'acteur et le clown. Merci Jean-pierre pour ces techniques qui changent les mentalités. Ça n'existe pas ici, à Agdz, ce sont des techniques venues d'ailleurs. Maintenant je
suis une autre personne, j'ai appris à mieux communiquer. Je sens aussi que le groupe est vraiment devenu homogène car maintenant je peux parler avec chacun sans complexe. Grâce à l'image et au
clown, on apprend à respecter la scène et les objets, c'est à dire l'environnement, toutes les choses et les Êtres qui nous entourent
Abdelatif : Merci à Jean-Pierre pour la transmission de ces techniques. Merci aux stagiaires d'être là malgré la chaleur. L'interactivité avec le public,
l'improvisation et aussi l'expression de sa culture et de sa différence par l'intermédiaire du clown, ce sont pour moi les composantes essentielles de cet enseignement.
Aude : je tiens d'abord à dire que c'est un drôle de sentiment d'être ici, c'est très fort. Aussi, la surprise de recevoir autant ... d'amour dans les
familles. Je suis aussi très heureuse de ce stage et de la qualité d'investissement des stagiaires, de la finesse d'analyse vis à vis de ces techniques. J'espère pouvoir poursuivre ce travail
avec l'équipe de mon association CLISMA autour d'un projet de coopération internationale sur les problématiques des migrants.
Aziz : L'objectif était que les stagiaires apprennent quelque chose. Merci à vous pour cela, nous sommes à votre disposition pour monter des projets
dans notre ville. Merci à Aïssa pour sa médiation.
Jean-Pierre : Très heureux d'être ici, le lieu est extraordinaire .... J'espère que vous, les Français vous savez en apprécier le privilège. Les gens ici
sont d'une très belle énergie. On va préparer de beauxspectacles pour jouer, travailler et être heureux ensemble.
L'intérêt d'une telle rencontre au niveau du clown :
Pour moi, il y'a deux choses. L'intérêt du clown lors de ce type de rencontre et l'intérêt de la rencontre de deux ou plusieurs cultures au niveau du clown. Lors
d'une première rencontre de deux personnes ou de deux cultures, le clown est avant tout un personnage facilitateur. Il aide à instaurer, notamment si les acteurs ne se connaissent pas,
une ambiance plus détendue. Il réussit par sa simplicité à faire disparaître les angoisses, la peur de l'inconnu et les complications. Il réussit donc à rendre la rencontre équitable (on est
tous dans la même situation), à embellir la première image qu'on a de l'autre.
Les clowns, n'ayant pas de préjugés, acceptent facilement l'autre et réussissent à se faire aimer par l'autre.
En dehors de l'"effet" du clown, La rencontre de deux cultures crée souvent un cocktail savoureux d'émotion, d'interrogation et d'envie d'aller vers
l'autre. La saveur de ce mélange peut néanmoins prendre un goût plus amer si le choc est trop important pour l'une ou l'autre culture (à cause des différences de perception, de
réaction) ou si l'ouverture aux autres est moins évidente. On peut souffrir d'un fait culturel, ne pas accepter certains faits culturels ou être trop dans l'acceptation et ne plus savoir être bon
juge.
Beaucoup de réactions nouvelles parfois étonnantes ont lieu lors de la rencontre interculturelle. Le clown, observateur, puise sa force dans toutes ces nouveautés
et exprime ce qu'on ressent (même les choses les plus difficiles) de manière positive.
Il rencontre, expérimente et décomplexe même si la situation ne le permet pas. Le clown ne pourra pas accepter trop de souffrance, il essayera de la
transformer.
Dans le cas où la rencontre ne concerne pas deux cultures, le clown trouve toujours des éléments extérieurs sur lesquels s'appuyer pour donner de l'amour, de
l'émotion, transmettre son étonnement, ses envies, communiquer. Mais lorsqu'il s'agit de deux cultures distinctes, il a un panel très important de possibilités, de nombreux chemins à prendre. Il
a plus de difficultés certes car il prend des risques (le risque de choquer, de faire peur s'il est méconnu) mais il transcende par la nouveauté. Le terrain est glissant mais les
opportunités sont riches. Les points d'accroche sont plus nombreux, la satisfaction plus importante.
Lors de la déambulation dans les rues d'Agdz, mon clown n'aimait pas être seul mais il a vite réussi à rencontrer les autres. Il a fait de sa peur une force et a
fait de sa timidité une passerelle vers les autres. Il a joué de l'étonnement de ceux qui l'entouraient et s'est adapté à la situation. Il a compris aisément les freins de certaines femmes à
venir vers lui et a trouvé des subterfuges pour communiquer avec elles. Il a inventé des jeux qu'il ne connaissait pas, a joué au siamois et a trouvé des moyens originaux de faire rire (se cacher
derrière un objet, jouer longtemps avec un ballon, jouer avec le regard…).
-L'intérêt d'une telle rencontre au niveau du Théâtre Forum
La rencontre de deux cultures amène de nombreux questionnements. Au niveau du théâtre forum, nous avons passé de longues heures à discuter et à déterminer des
thèmes de travail. La question essentielle concernait le choix de nos thèmes. Nous cherchions des thèmes communs à travailler pendant cette rencontre qui permettaient un débat intense. Nous
avions finalement choisi des thèmes qui pouvaient apporter aux Marocains, des thèmes de débat issus de la culture d'accueil.
Il est vrai qu'étant donné que j'appartiens à une troupe de théâtre forum qui a déjà un panel de thèmes interculturels propres à la France, j'aurais voulu
travailler sur des thèmes proches de ceux que je connaissais et qui pouvaient être communs aux Marocains. L'idée était d'avoir un éclairage de la part des Marocains sur nos thèmes liés à
l'immigration tels que les mariages mixtes, l'éducation filles/garçons, l'immigration en France, etc. . Cependant, travailler sur ce type de thème s'est avéré peu porteur, surtout pour une
nouvelle troupe marocaine. Les participants marocains devaient s'approprier l'outil forum et en faire un moyen de débat pour des thèmes qui leur sont propres. J'ai donc été enrichie par la
naissance d'une probable troupe marocaine et ai appris des faits culturels nouveaux qui ont par la suite aiguisé mes propres thèmes de travail en France.
Néanmoins, nous avons eu des débats houleux notamment sur les mariages arrangés, mariages précoces et sur la situation de la femme. Nous avions parfois l'impression
de subir les tabous et pas pouvoir les dépasser. Ma double appartenance culturelle m'a parfois aidé à comprendre et à relativiser certaines situations (par exemple, je n'ai pas été choquée par
les propos misogynes des acteurs marocains) mais cette double culture m'a parfois fragilisée et révoltée (exemple, j'ai eu du mal à accepter les blocages lorsqu'il était question de
sortir une culotte en clown pour parler de l'hygiène, car pour moi, il était question de santé et non pas de sexualité).
Malgré ces quelques difficultés, le théâtre forum devient grâce à ces différences culturelles un vecteur de débat en interne, un élément d'ouverture et de
compréhension. Il aide à dépasser des blocages importants et à instaurer une communication sans tabous…Cependant il a besoin de temps. L'outil a besoin d'être compris, expérimenté avant d'être
présenté au grand public.
-L'intérêt d'une telle rencontre au niveau de la découverte inter culturelle
Nous avons passé trois semaines où se sont mêlées deux cultures très distinctes. Nous avions des contacts avec les Marocains à deux niveaux : au travail et à
la maison (nous vivions chez l'habitant).
Au travail, nous avons appris à rencontrer les autres, à communiquer et à faire connaissance avec leur manière de travailler. Nous avons appris à s'adapter les uns
aux autres.
Le choc culturel était moins vrai pour moi (je suis Algérienne d'origine). Cependant, la différence de perception était quand même présente. Je ne me sentais pas
appartenir au groupe marocain mais plus au groupe français surtout parce que ma vision de la société, de l'homme et de la femme, de la religion, de l'échange, de l'éducation et de la justice
était plutôt française. Cependant, je comprenais plus aisément la pensée de mes collègues marocains.
Dans les familles, je m'étonnais de la grande générosité, de l'accueil chaleureux et de la vie de « princesse » que nous proposaient nos familles. Nous
avions beaucoup à apprendre au niveau de l'hospitalité. Nous avons apprécié de faire partie de ces familles, de communiquer avec les parents et les jeunes. Nous avons eu des discussions très
longues et intenses sur la culture française, sur la femme en France, qui travaille et qui apporte à son foyer. Nous avons parlé de notre perception de la liberté et apprécié l'engouement de
certains jeunes lors de ces discussions.
Nous avons échangé énormément et avons passé de longues soirées à se raconter, à se découvrir et à s'accepter. Nos familles étaient modestes (voir pauvres) mais
avaient beaucoup à donner. Je me rappelle des moments tellement riches où on se partageait quelques dattes au petit déjeuner, ou des moments où les femmes nous habillaient en tenue
traditionnelle. Des moments inoubliables (voir photos).
Cette expérience était très enrichissante au niveau personnel et au niveau professionnel. Je pense que ce n'est pas la dernière.
Cela faisait plusieurs années que je suivais les activités de Caravane théâtre, de loin, sans oser me lancer, car c’était pour moi le summum de tout ce qui se fait : c’est dire si mes
attentes étaient grandes et mes craintes d’être déçue aussi.
Heureusement, il n’en fut rien, ce séjour fut très riche et très marquant, beaucoup de sensations difficilement traduisibles avec des mots, mais ce qui est clair c’est qu’il y aura un avant et un
après !
Le clown, grâce à l’expression de ses émotions, rapproche tout le monde au-delà des différences. J’aimais d’instinct ce personnage sensible et naïf mais l’avoir côtoyé de plus près en a fait un
compagnon précieux avec qui j’espère faire encore du chemin…
Le théâtre-forum entraîne des discussions de fond sur des sujets importants, amène à chercher ensemble des solutions aux problèmes rencontrés par les uns ou les autres. Le théâtre-images aussi,
bien sûr, tout en rendant compte de la symbolique des gestes et attitudes : j’ai eu de grandes prises de conscience grâce à ce langage universel…
Très enrichissant d’être avec des personnes engagées, et surtout, qui croient pleinement à ce qu’elles font ! Quant au partage de la vie des familles berbères on ne pouvait rêver mieux comme
cadre de séjour. Accueil chaleureux, rencontres inoubliables, nuits à la belle étoile, simplicité et absence de superflu, vie au plein air, artisanat… il y a bien sûr des traditions qui révoltent
l’occidentale que je suis mais il y a aussi un équilibre de vie impressionnant dont on aurait beaucoup à apprendre.
La rencontre des cultures nourrit-elle la pratique théâtrale ou bien est-ce l’inverse ? en tout cas le mélange est réussi. Le principe de Parcourires le monde condense l’essentiel à mes yeux
: relations humaines, découvertes, émotions, interculturel, expression artistique, réflexion sur la société et action pour la faire évoluer…
Le programme est très chargé et très riche, avec sa dose de difficultés, mais les moments de bonheur et le sentiment d’avancer prennent largement le dessus.
Cela faisait longtemps que je ne m’étais pas sentie autant en accord avec moi-même…
En bref, un grand voyage d’un point de vue humain, culturel, émotionnel (etc) et un peu le sentiment de frustration à la fin, par l’interruption de cet élan si positif… trois semaines, c’est
long, et c’est court !
Mais cela laisse des graines d’espoir, d’énergie, de confiance, de folie, d’amour, de force, de persévérance (et j’en oublie sans doute…) : il s’agit maintenant d’entretenir des conditions
favorables pour qu’elles s’épanouissent !
:
Partager les expériences humaines vécues durant les voyages et les rencontres inter culturelles. Donner un espace de parole à tous ceux qui ont partagé bonheurs et galères avec le théâtre et les voyages. Rencontrer des personnes qui ont développé des actions artistiques diverses, Clown, théâtre …qui ont développé des actions de solidarité entre les pays du nord et ceux du sud. Ceux qui ont mis en place des voyages solidaires. Evoquer l'Inde, le Brésil, le Maroc,...